Apports des TICE à l'apprentissage
1- Apports des TIC à l’apprentissage
Si, pour certains, l’utilisation des TIC ne constitue qu’un moyen de distraction pour les apprenants, d’autres voient qu’elles ont plutôt un effet positif dans le processus enseignement/ apprentissage. Pour ces derniers, elles sont signe d’ouverture sur le monde et sur le savoir. Pour notre travail, nous posons que les TIC rendraient plus facile l’apprentissage, ce qui amènerait à des résultats positifs et satisfaisants. Selon Naymark, les TIC ont un impact positifs si : « les applications pédagogiques sont de bonne qualité : simples d'utilisation, construites à partir d'une véritable réflexion pédagogique et intégrant les connaissances les plus récentes sur les processus d'apprentissage ». (Naymark, 2000 : 28 ).
De plus, pour Legros (Legros &Crinon, 2002), tout est question de situation pédagogique et de contextualisation. Enfin, n’oublions pas que les TIC permettent aux apprenants de communiquer grâce au travail collaboratif sur une tâche déterminée. Selon une étude menée par Atlan sur les stratégies d’apprentissage auprès d’étudiants français apprenant une langue étrangère, les« différentes technologies [suscitent] différentes réactions auprès de différents apprenants » (Atlan, 2000 :117).
De nos jours, les TIC sont employées comme moyen d’apprentissage en dehors de l’école. En effet, le retard est enregistré quant à l’intégration de la technologie en pédagogie est dû principalement au problème de financement. Comme nous l’avons démontré plus haut, même si certaines personnes se montrent sceptiques face à l’usage de la technologie en éducation, beaucoup de chercheurs trouvent qu’il est indispensable de recourir aux TIC qui sont un moyen didactique efficace pour l’apprentissage.
TD 05
Comment un enseignant de FLE pourrait-il exploiter les TICE en classe ?Pourriez-vous lui en proposer d’autres usages ?
2-1- Liberté et autonomie de l’apprenant
L’ordinateur a beaucoup révolutionné le domaine de l’apprentissage en prenant en considération les différences qui existent entre les apprenants eux-mêmes. Ces derniers peuvent mener une activité selon leurs capacités et compétences. De ce fait, nous assistons à un rythme individuel de l’apprentissage. Devant la machine, chaque apprenant mène l’activité selon ses capacités et ses compétences. Aujourd’hui l’un des atouts importants et reconnus de l’utilisation des TIC, nous relevons l’individualisation des rythmes des apprenants. D’après Merieu : « Chacun pourra peut-être trouver une situation où il pourra s’approprier le savoir proposé » (Meirieu, 2000 :135). L’apprenant avance donc à son rythme et se libère de plusieurs contraintes telles que le temps, la pression et la comparaison de sa performance avec ses camarades. Cette liberté lui permet de réfléchir sur les connaissances et le savoir recherchés. De ce fait, nous assistons à une autonomisation de cet apprenant, qui est étroitement liée à la disponibilité du matériel et à son accessibilité. Pour Mangenot, le concept d’autonomie, largement employé dans le domaine de l’apprentissage des langues, signifie : « travail autonome devant un ordinateur » (Mangenot, 2002 :135), en faisant référence au fait que l’apprenant travaille seul sur son ordinateur, sans l’assistance se son enseignant ou ses camarades. Holec, quant à lui, trouve qu’il s’agit plutôt d’une : « une capacité “puissance de faire quelque chose” et non une conduite, “façon d'agir”. (Holec, 1979 : 31). Autrement dit, l’apprenant est censé devenir responsable et assumer le choix de tous les aspects de son apprentissage : objectifs, contenu, la progression, méthode, rythme, moment, lieu et évaluation. Travailler en autonomie ne signifie en aucun cas le fait de laisser l’apprenant livré à lui-même. Il s’agit selon plutôt d’un processus reculs-avancée (Portine, 1998 :74), ou selon, c'est-à-dire que l’autonomie n’est pas innée chez l’apprenant mais elle s’acquiert et « elle est à construire et non à décréter » (Pothier, Iotz et Rodrigues, 2000 : 150).
TD 06
Comment un apprenant pourrait-il apprendre en autonomie chez lui ? Proposez-lui des activités (travail de groupes)
2-2- L’ouverture sur le monde
Très jeunes, nos enfants commencent déjà à manipuler les différentes technologies mises à leur disposition telles que l’ordinateur, le téléphone portable, les consoles de jeux et l’Internet. Ce dernier outil est largement consulté par les apprenants et les enseignants au quotidien, et leur permet de se distraire, de communiquer avec tout le monde et de s’informer sur tous les domaines. Parmi les informations disponibles sur la Toile, nous notons les connaissances culturelles à partir de ressources variées telle que la cyberenquête que nous exploitons dans notre travail. De ce fait, se découvrir et découvrir l’autre deviennent des opérations systématiques lors de la phase de l’apprentissage. En abordant des faits culturels, l’enseignant ayant mis en place des objectifs et des activités selon une approche culturelle, pourra aider ses apprenants à vivre dans l’altérité, relativiser et à prendre du recul par rapport aux affirmations précédentes (stéréotypes et préjugés). (Zarate (1986 : 111-114).
Il est vrai qu’aujourd’hui, la compétence culturelle prend une place de plus en plus importante dans l’enseignement des langues et ce grâce à la mise en place d’une pédagogie interculturelle. De plus, vivre dans l’altérité exige des moyens plus efficaces pour comprendre l’autre. Elisabeth Brodin parle des « interactions sociales via l’ordinateur » et considèrent les réseaux comme : « facilitateurs d’accès aux sources d’information et aux autres humains, en ouvrant la voie à la communication médiatisée par ordinateur et en permettant le développement du travail collaboratif et la construction collective de connaissances par l’entreprise des TIC ». (Brodin ,2002 : 156).
2-3 La métacognition
Les apprenants arrivent à répondre à une consigne en mettant en œuvre des stratégies d’apprentissage. Les TIC, en particulier Internet, permettent à l’apprenant d’accéder aux différents savoirs. Mais en réalité, il s’agit de la création d’un environnement d’apprentissage où l’apprenant devient capable de construire son propre savoir, de l’organiser et de le partager avec d’autres personnes. De ce fait, l’usage des TIC sollicite une intervention cognitive de la part de l’apprenant, c'est-à-dire, des capacités telles que la recherche des informations, leur classement (importance et pertinence), leur structuration en vue d’atteindre un objectif précis. Il s’agit par la suite, de partager les résultats et les communiquer aux camarades de classe et à l’enseignant, l’objectif étant celui la comparer et de confronter son travail à ceux d’autrui. D’après Ollivier et Puren :
Le cognitivisme met l’accent sur les processus mentaux de construction du savoir. Sur le web, l’apprenant est inciter à considérer le savoir comme quelque chose de disponible, qu’i convient de rechercher efficacement puis de s’approprier et d’organiser selon ses besoins, ses objectifs et son mode d’apprentissage personnel. (Ollivier & Puren, 2011 :47).
Pour Marie-Thérèse Vasseur (1996), l’apprenant réfléchit sur son apprentissage, via un nouveau système, pour résoudre un problème, et de cette manière, il développe son apprentissage linguistique. (Pothier, 2001 :34). Quant à Naymark, qui parle du « conflit sociocognitif » qui signifie :« la possibilité de se confronter à des pairs et d’éprouver la justesse ou la pertinence d’un raisonnement en le confrontant à d’autres ». (Naymark,1999 :28).
TD 07
Etude d’une cyberenquête : le scénario pédagogique
. 2-4 l’interactivité et le rapport homme-machine
Le paysage éducatif est aujourd’hui modifié suite à l’introduction des TIC dans l’enseignement et ce en transformant la relation enseignant-apprenant. En effet, la relation homme-machine s’impose dans tous les domaines et elle est prise en considération dans les nouvelles méthodes d’enseignement. L’échange et le dialogue entre l’utilisateur et l’ordinateur ont poussé des chercheurs comme Naymark à « humaniser » la machine. Il définit l’interactivité comme étant : « la capacité de réaction de l’ordinateur (et de ses logiciels) aux actions de l’usager, sa capacité de rétroaction ou feed-back ». ( Naymark,1999 : 21).
L’un des enjeux pédagogiques de l’introduction des TIC dans l’enseignement / apprentissage des langues : l’interactivité. Jacques Naymark , parle du potentiel de cette interactivité dans le champs d’apprentissage et même d’une dimension humaine donnée à la machine du moment où on assiste à un échange. Naymark définit ainsi cette notion : « l’interactivité est la capacité de rétroaction ou feed-back ». (Naymark ,1999 :21).On peut distinguer selon Didier Paquelin, l’interactivité fonctionnelle et l’interactivité intentionnelle La première : « concerne la partie du logiciel qui établit et gère le protocole de communication entre l’utilisateur et l’auteur du logiciel ». (Paquelin, 2002 :6). La seconde pose que : « l’individu apprend lorsqu’il est placé dans une situation de relation avec l’environnement sur lequel il peut agir et qui réagit en modifiant certaines de ses composantes ». (Paquelin, 2002 :4).
Il est clair que la notion d’interactivité reste à interroger et ce par rapport à l’enseignement / apprentissage des langues et par rapport à la nature même la relation machine/homme, mais n’oublions pas que dans le domaine du multimédia, le rôle de l’interactivité est indiscutable du moment où tout travail en classe de langue s’effectue à partir de logiciels.
Conclusion
Nous avons exposé les meilleures conditions pour une intégration pédagogique réussie des TIC. En effet, enseigner avec le numérique constitue un processus assez complexe nécessitant une bonne planification. En plus d’assurer les moyens et le matériel adéquat, les enseignants doivent développer des compétences techno-pédagogiques afin d’intégrer de manière raisonnée les outils technologiques dans leurs pratiques de classe.
La Toile est un réservoir intarissable de ressources qui peuvent être exploitées en classe de langue en mettant en place un travail stimulant où l’apprenant doit relever un défi (autonomie, travail d’équipe, accomplissement de la mission confiée). Grâce aux missions virtuelles et à la recherche guidée d’information, on aboutit à une véritable communication entre l’enseignant et les apprenants sous forme d’échanges. Elles permettent également de provoquer les interactions entre les apprenants qui s’écoutent, coopèrent et s’entraident.
TD 08
Activité
Voici un exemple d'activité interactive utilisant un ordinateur pour l'enseignement des langues :
Activité : "Dialogue interactif"
Objectif : Pratiquer la conversation dans une langue étrangère.